07.02.2008

Agenda du café des démocrates

5de261d6f3c3cf55f8447d5337f27a9b.jpgAprès le succès de la conférence avec Jean Matouk, (nous étions plus de 60 participants) le café des démocrates de Montpellier organisera une prochaine réunion débat avec Dominique Rousseau autour du thème très sensible de "Qu'est ce que la démocratie pour nous, vers une VIème République ?", le 18 février à 20 h 30. Le lieu sera précisé ultérieurement dès que nous en aurons connaissance.

Nous vous invitons à notre 2 ème CAFE DES DEMOCRATES  sur le thème :

La Démocratie existe t-elle encore ?

 Débat introduit par Dominique ROUSSEAU,  

Constitutionnaliste, Professeur à l'Université de Montpellier 1, Membre de l'Institut Universitaire de France

 

Le LUNDI 18 FEVRIER 2008

à 20 H 30

au Café-Restaurant la SUITE

17, place du Nombre d'Or, arrêt Antigone, Tram ligne 1

Vous aussi organisez "un café des démocrates" quelque part en France : alors contactez nous et faites nous connaitre vos lieux et dates !... cafedesdemocrates@yahoo.fr

MoDem Montpellier : résultat des courses

On connait la gourvernance de Georges Frêche à la tête de l'agglomération. Hélène Mandroux de son côté rêvait d'un destin ministériel sous une présidence Ségolène Royal, mais elle doit finalement se "contenter" de la Mairie de Montpellier. aa9fa6bce35e07db1e9885268d420685.jpgDur dur !...  Alors que Ségolène Royal a su s’affranchir des éléphants de son parti et bousculer les codes dans sa famille politique, Hélène Mandroux cultive les références à un système vieux de trente ans et reconduit ses avatars, acteurs multi-casquettes d’une équipe omnipotente : Serge Fleurence, Louis Pouget… et bien sûrs le mentor Georges Frêche dans le rôle du despote "éclairé".
In fine quand Ségolène Royal incarnait une certaine fraîcheur à gauche, la rose du parti socialiste semble un brin fanée avec Madame le maire sortant et ses 52 ans d’exercice cumulé de mandats électifs.
Mieux Hélène Mandroux avoue : « je suis dans la continuité de Georges Frêche ».

Quand les MoDem rallient la liste de Mandroux-Frêche : voici la liste MoDem publiée. Reçus mention TB (et tous éligibles) aux épreuves de calcul et de combine, retour à la logique des clans :

 

  • 4è Marc DUFOUR
  • 6è Georges Frêche
  • 13è Catherine LABROUSSE
  • 18è Frédéric TSITSONIS
  • 30è Michel ASLANIAN
  • 35è Sophie JACQUEST

Observations :


1/ Richard Mailhé
figure en 48è position (en principe pas éligible car ce serait 46), il est professeur agrégé d'EPS, en provenance de Rouen, inséré dans les jurys d'agreg, il enseigne aux STAPS de Montpellier. Il est responsable de la sphère Frêche / Vézinhet dans le domaine du sport. Roumegas le donne comme membre du staff Mandroux-Frêche.

A notre connaissance il n'est pas membre du MODEM et n'était pas sur les listes des électeurs au CN.


2/ tous les autres sont des anciens UDF - IL N'Y A AUCUN néoMODEM dans ce staff du reste autoproclamé... Sans doute la "nouvelle façon de faire de la politique"

3/ MM ASLANIAN et DUFOUR n'habitent pas Montpellier, Dufour est à TEYRAN

4/ Sophie JACQUEST est une cumularde  : elle n'a pas renoncé à son mandat de conseillère régionale UDF d'Ile de France


Question subsidiaire à ceux qui croient que Bayrou laisse les gens d'appareil s'imposer au MoDem et a préféré abdiquer au premier tour pour avoir un maximum d'élus en vue des parrainages pour les présidentielles de 2012 : êtes-vous bien certains que les Dufour parraineront Fr. Bayrou en 2012 ?
(surtout que d'ici là il est question de revenir au secret des parrainages...)

On lira aussi l'article du blog de Bénédicte Gabrielli très éloquent :

"Depuis des mois c'était évident, du moins pour un certain nombre d'entre nous. Ceux qui ont cru au bla-bla de M.Dufour ne peuvent pas dire que certains ne les avaient pas prévenus.
M.Dufour est un notable affairiste ayant décidé qu'il manquait à son ego et son prestige un titre de politicien, et qui a vu dans les voix de F.Bayrou à la présidentielle, de quoi acheter un poste. Donc vente au plus offrant, c'est à dire allégeance au PS puisque c'est eux qui détiennent le pouvoir. Pas question de s'attarder sur des points de détails comme le programme, ou le fait que le système Frêchien soit une mafia qui fait honte à la démocratie ... comme le disait l'Agglo-rieuse, JL Roumega et les verts ont toutes les raisons d'être contents !
Probable aussi que M.Dufour n'ait pas voulu prendre le risque de faire moins de 5% ce qui ne lui auraient pas permis de vendre les voix du MoDem contre une place au second tour. Rien ne pouvait assurer que coller l'étiquette MoDem sur le front d'un autocrate arrogant, à la parole creuse et sans programme, abuse autant d'électeurs qu'espéré .
.."

la suite sur le blog

04.02.2008

Rapport Attali

Après la République des Pairs de France nous voyons maintenant la République des experts bientôt peut-être aussi celle des "ex-pairs" (de France) ...  

bea14c8dfbdf0b9b4745d84d0891a9a0.jpgNous entrons dans une période électorale ( Municipales des 9 et 16 mars), période au cours de laquelle beaucoup d'entre nous retrouvent une certaine fibre politique et citoyenne.

Cela nous paraît le moment propice pour inaugurer une série de rendez-vous avec des débats sur les grands sujets concernant le "vivre ensemble", avec des intervenants d'horizons divers et de sensibilités différentes, mais toujours compétents et passionnés.

Nous vous invitons donc à un premier débat organisé par l' association "MONTPELLIER DEMOCRATE" sur le thème de la croissance, suite au rapport de la commission présidée par J.Attali.

  • Si vous êtes soucieux de ne pas vous ne laisser "conter" mais plutôt d'approfondir les divers problèmes.
  • Si vous ne voulez pas lire votre avenir dans le marc de café, ou encore évitez de vous noyer dans un verre d'eau fraiche.

Alors nous vous proposons cette première soirée au café-restaurant le BALOARD, ce lundi 4/02 à 20H 30.

Il vous est conseillé de grignoter quelques biscuits ou petits fours pour entrer dans la discussion sans avoir à montrer les dents, ce que vous pouvez même faire sur place dès 19 heures.

Thème de notre causerie : "Faut-il vraiment relancer la croissance ?" avec Jean Matouk, Docteur en Sciences Economiques, professeur honoraire des Universités, ancien président de la banque Chaix, de la Caisse Nationale de l'Energie ...

 

Association Montpellier-Démocrate, 701, av. des près d'arènes, 34070 Montpellier

     Gérard Straumann, 04.67.04.15.60                   

 

02.02.2008

Pour un Grenelle de l'investissement

5d42156812b2090cd17386cde479f3d8.jpgUn "Grenelle de l'investissement" au lieu d'une réforme du droit de travail
Par Jean Matouk (Economiste)  
Homme de gauche, Jean MATOUK est Nîmois et Professeur Honoraire des Universités. Il a enseigné l’économie durant vingt ans à l’Université de ’Montpellier I’ et s’est vu confier la direction de diverses entreprises. Il est l’auteur de livres et de nombreux articles traitant de la politique économique...
Photo illustration : Jean Matouk et Straumann lors de sa conférence au Café des Démocrates de Montpellier

On veut bien ne pas être "déclinologue", mais le solde de notre commerce extérieur est une condamnation sans appel de la gestion économique de la France depuis de nombreuses années. Le déficit commercial de 2006 (excédent d’importation par rapport aux exportations) a représenté 2,2% de notre PIB ( la valeur de tout ce qui est produit en France en un an) en 2007.

Or, il y a trente-trois ans, en 1974-75, après le premier choc pétrolier, qui avait vu le triplement du prix du pétrole en un an, la France accusait déjà un déficit de 0,2% du PIB en moyenne sur trois ans; six ans plus tard, en 1981, lors du second choc pétrolier, qui était alors renforcé par une hausse du cours du dollar par rapport au franc (85% en trois ans), le déficit commercial français était monté à 2,3% du PIB.

Nous en sommes au même point! En 1974-75, comme en 1981-82, par comparaison, l’Allemagne, qui subissait la même hausse du prix du pétrole, continuait d’avoir des excédents. C’est encore le cas aujourd’hui: face à notre déficit de 40 milliards d'euros, elle accumule une excédent de plus de 200 milliards.

Arrêtons d'accuser le Code du travail, l'euro ou le prix du pétrole

De quoi avoir honte de l’incapacité de notre système industriel à tenir sa place dans le commerce mondial. Arrêtons donc de chercher dans le Code du travail les causes de ce mal français. Par la négociation permanente entre partenaires sociaux, les salariés allemands ont obtenu sur le long terme, largement les mêmes protections que celles données par la loi en France, et nul n’osera dire que c’est déjà l’application, des plans Hartz-Schroeder, lancés il y a deux ans, qui permettent, aujourd’hui, à l’Allemagne de se tailler des parts de marché quatre ou cinq fois égales aux nôtres en Chine et dans les autres pays émergents.

Cessons aussi de nous réfugier derrière la hausse de l’euro. Elle rend sans aucun doute plus difficiles certaines "grandes" exportations d’avions ou de centrales nucléaires, mais l’Allemagne subit exactement la même hausse! N’accusons pas le seul pétrole, comme le fit récemment le ministre en charge du commerce extérieur; nous sommes aussi en déficit hors importations de pétrole; d’autre part nos centrales nucléaires, construites à partir de 1974, justement pour nous protéger des hausses du prix de l'or noir, devraient nous mettre bien plus à l’abri que l’Allemagne! Ce n’est pas le cas.

Un déficit d'investissement du secteur privé que nous payons cher

Notre déficit commercial est le signe d’une inadaptation, tragique parce que connue depuis trente ans, de nos appareils industriel et commercial. Nous vendons trop de biens de consommation, très sensibles aux prix, et pas assez de biens industriels ou de services à haute valeur ajoutée, qui le sont moins.

Nous sommes incapables de fournir les produits industriels dont ont besoin, en ce moment, les pays dits émergents les plus dynamiques, Brésil, Russie Inde et Chine, et leurs homologues. C’est ce qui nous différencie de l’Allemagne.

Qu'est-ce qui explique cette incapacité française? En partie, le déficit d’investissement de nos entreprises ces dernières décennies, déficit dont l’effet se fait évidemment sentir aujourd’hui en termes de produits nouveaux et de technologies de pointe: en gros, entre 1990 et 2000, chaque année, les investissements privés allemands ont représenté 12% du PIB, contre 10% pour la France, soit environ 30 milliards d'euros par an en moins. Entre 2000 et 2004, les nôtres ont été plus vivaces, mais depuis trois ans, ceux d’Allemagne le sont à nouveau.

Mais, plus que leur masse, trop concentrée en France dans quelques grandes entreprises, en vue des grands contrats que l’on affiche à chaque déplacement du chef de l’Etat, ce sont les investissements des entreprises exportatrices de 250 salariés et plus, qui font la différence. L’Allemagne en possède une multitude. La France beaucoup trop peu!

Les mesures économiquement aberrantes du nouveau pouvoir

Face à ce mal chronique de notre économie, l’actuel pouvoir n’a, pour l’instant, rien entrepris qui soit de nature à la guérir. Depuis mai 2007 se sont succédés une faute économique majeure, des gesticulations sans effet et une fausse manœuvre.

La faute, ce fut, cet été, l’engagement des 15 milliards euros, chiffre communiqué au Parlement, dont 11 pour rémunérer d’éventuelles heures supplémentaires liées à une accélération attendue de la croissance, mais aussi 4 milliards de baisses d’impôt en faveur des plus aisés.

Compte tenu de l’état des finances publiques, l’Etat s’est de lui-même rendu budgétairement impuissant face à la conjoncture économique, impuissance que Nicolas Sarkozy vient d’avouer dans sa conférence de presse, mais qu’il a lui-même provoquée. Pour que les entreprises offrent des heures supplémentaires, il faut d’abord que l’activité économique se développe, et non l’inverse.

Une première gesticulation a été la mission confiée à la commission Attali de "débloquer" la croissance, alors que celle-ci n’est bridée que par notre incapacité à exporter, résultant des insuffisances d’investissements précités.

Plus récemment, dans ses interventions successives devant la presse, le Président, fidèle à sa faconde, a annoncé pêle-mêle une série de mesures sur le paiement des RTT et des heures supplémentaires des fonctionnaires, le déblocage des réserves de participations, qui n’auraient pour effet, si elles relancent un peu la consommation, que de creuser un peu plus le déficit commercial.

Sur le plan purement économique, il a annoncé aussi un meilleur partage des fruits de la croissance, puis un changement de la mesure de cette dernière, réforme confiée à l’excellent prix Nobel Stiglitz. Des mesures qui n'auront pas d'impact sur notre faiblesse structurelle.

Ces gesticulations s’intègrent parfaitement dans le show permanent qu’est devenu la politique française. Reconnaissant son impuissance à distribuer le "panem", le Président n’a plus aujourd’hui à nous offrir que des "circenses"; où il tient le rôle principal.

Négociations: syndicats, patronat et gouvernement ont raté le coche

Enfin, la fausse manœuvre, l’occasion manquée! Les partenaires sociaux ont été sommés de parvenir à un accord sur la modification du droit du travail en matière de licenciement. Un accord a été trouvé, dans lequel les acquis des syndicats semblent assez maigres au regard de ceux du patronat, si l’on considère les souhaits initiaux de celui-ci.

On voit assez clairement que les syndicats n’ont signé que pour démontrer qu’ils étaient aptes, comme leurs homologues étrangers, au compromis social. Mais la mise en place de cet accord ne corrigera en rien notre faiblesse à l’exportation.

Fausse manoeuvre, car s’il fallait impérativement réunir les partenaires sociaux, c’était, à côté du Grenelle de l’écologie, dans un "Grenelle" de l’investissement. Les sacrifices demandées et encore à demander, aux salariés pour l’équilibre des retraites, l’assurance maladie, le service minimum, voire plus de flexibilité, y auraient été contrebalancés par un engagement ferme du patronat sur une vague d’investissements privés, à côté des avantages récemment concédés en matière de transferabilité des droits sociaux et à la formation.

Mais l’Etat devait, de son côté, s’engager tout aussi fermement à consacrer 10 ou 12 milliards à la recherche-développement et à réduire son train de vie. Ce "Grenelle" aurait du même être quadripartite, avec la participation des professions de santé, largement favorisées durant les six dernières années, et qui doivent évidemment apporter leur écot en terme de stabilisation, voire de réduction des dépenses d’assurance maladie.

Alors, peut-être, peu à peu, notre tissu industriel deviendrait capable de faire jeu égal avec ses concurrents et notre balance commerciale cesserait de virer au rouge dès que le ciel économique s’assombrit.

Sauf à estimer qu’héritiers lointains de Gallo-Romains indolents et querelleurs, et d’une aristocratie qui considérait que produire était déroger, nous restions génétiquement incapables d’innover et exporter. Auquel cas, comme le souhaitaient les anti-mondialisation, il fallait rester frileusement à l’intérieur de nos frontière avec nos 2CV, nos camemberts, nos dentelles de Cholet et nos bêtises de Cambrai.

 Publié et paru dans http://www.rue89.com/articles/jean_matouk