04.02.2008
De l'extinction du paupérisme
Après l'influence des "carbonari" (société secrète italienne) et après son internement au fort de Ham (ses "universités" selon sa propre expression), Louis Napoléon Bonaparte produira ce pamphlet qui encore aujourd'hui ne laisse pas indifférente par sa pertinence plus d'un sicle et demi après. De 1842 à 1845, il donne ainsi quelques articles dans Le Progrès du Pas-de-Calais. Ceux-ci sont à l’origine au mois d'août 1844 d’une nouvelle publication intitulée "L’Extinction du paupérisme". Dans cet ouvrage, qui comptera six éditions, complétant ses Rêveries politiques rédigées en 1832, le prétendant bonapartiste expose ses préoccupations sociales. Celles-ci s’inspirent des idées du philosophe socialiste Saint-Simon. Pour Bonaparte, l'association est la clé des problèmes sociaux les plus aigus, ceux qui concernent le monde ouvrier en ces premières décennies d'industrialisation.
IMPÔT.
La France est un des pays les plus imposés de l'Europe. Elle serait peut être le pays le plus riche, si la fortune publique était répartie de la manière la plus équitable.
REPARTITION DES TERRES
Il y a en France, d’après la statistique agricole officielle, 9.190.000 hectares de terres incultes qui appartiennent soit au gouvernement, soit aux communes, soit à des particuliers. Ces landes, bruyères, communaux, patios, ne donnent qu’un revenu extrêmement faible, 8 francs par hectares. C’est un capital mort qui ne profite à personne. Que les Chambres décrètent que toutes ces terres incultes appartiennent de droit à l’association ouvrière, sauf à payer annuellement aux propriétaires actuels ce que ceux-ci en retirent aujourd’hui ; qu’elles donnent à ces bras qui chôment, ces terres qui chôment également, et ces deux capitaux improductifs renaîtront à la vie l’un par l’autre. On aura trouvé le moyen de soulager la misère tout en enrichissant le pays. Afin d’éviter le reproche d’exagération, nous supposeront que les deux tiers de ces neuf millions d’hectares puissent être livrés à l’association, et que l’autre tiers soit indéfrichable ou occupé par des bâtiments, les ruisseaux, canaux… , il resterait 6.127.000 hectares à défricher. Ce travail serait rendu possible par la création de colonies agricoles qui, répandues sur toutes la France, formeraient les bases d'une seule et vaste organisation dont tous les ouvriers pauvres seraient membres sans être personnellement propriétaires.
ORGANISATION
Les masses sans organisation ne sont rien sorts rien ; disciplinées, elles sont tout. Sans organisation, elles ne peuvent ni parler ni se faire comprendre ; elles ne peuvent même ni écouter ou recevoir une impulsion commune.
D'un coté, la voix de 20 millions d'hommes éparpillés sur un vaste territoire se perd sans échos ; et de l'autre, il n'y a pas de parole assez forte et assez persuasive pour aller d'au point central porter dans 20 millions de consciences, sans intermédiaires reconnus, les doctrines toujours sévères du pouvoir.
Aujourd’hui, le règne des castes est fini : on ne peut gouverner qu'avec les masses ; il faut donc les organiser pour qu'elles puissent formuler leurs volonté, et les discipliner pour qu'elles puissent être dirigées et éclairées sur leurs propres intérêts.
Gouverner, ce n'est plus dominer les peuples par la force et la violence ; c'est les conduire vers un meilleur avenir, en faisant appel à leur raison et à leur cœur.
Aujourd’hui le but de tout gouvernement habile doit être de tendre par des efforts à ce qu’on dise bientôt : le triomphe du christianisme a détruit l’esclavage ; le triomphe de la révolution française a détruit le servage ; le triomphe des idées démocratiques a détruit le paupérisme !
Louis-Napoléon Bonaparte,
L'Extinction du paupérisme, 1844.
10:05 Publié dans Paupérisme et misère sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pauperisme, louis napoléon bonaparte, modem, bayrou, lutte des classes
03.02.2008
Horoscope fiction 2009
JANVIER
- Vous travaillez déjà plus pour gagner plus
- Cécilia Sarkozy est retrouvée morte électrocutée dans sa salle de bain
- Nicolas Sarkozy, qui suspecte un député de l'UMP, dissout l'Assemblée Nationale
FÉVRIER
- Passage à la semaine de 50 heures.
- Nicolas Sarkozy quitte Carla Bruni pour Lorie.
- José Bové meurt dans un tragique accident de moissonneuse-batteuse
MARS
- Le Monde, Marianne, Libération, Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo sont interdits en kiosque.
- Carla Bruni meurt dans un stupide.... Mais stupide accident de tournage
- Lorie en tournée en Colombie libère Ingrid Betancourt en prenant sa place comme otage.
AVRIL
- Le droit de vote est supprimé pour ceux qui gagnent moins de 15 000 euros pas lois
- Nicolas Sarkozy reçoit Kim Jong-il a l' Élysée.
- Ségolène Royal meurt à Poitiers dans un tragique accident d'ascenseur.
MAI
- Nicolas Sarkozy quitte Lorie pour Diams.
- Le groupe France Télévision est vendu pour 1 euro symbolique au groupe Bolloré.
- Poutine est fait Chevalier des Arts et des Lettres de la Patrie Français
JUIN
- Toujours prisonnière des Farc, Lorie meurt accidentellement pendant un transfert en hélicoptère.
- C'est ballot...!
- Vous bossez trois fois plus en prévision des vacances.
- Nicolas Sarkozy invite Ben Laden et Georges Bush en vacances au fort de Brégançon.
JUILLET
- L'impôt sur les revenus modérés double par décret et vous êtes contraints de travailler pendant les vacances.
- Avant d'être dissout à son tour, le Sénat légalise la polygamie en France.
- Nicolas Sarkozy se marie le même jour avec Sophie Marceau, Emmanuelle Béart et Vanessa Paradis
AOÛT
- Vous n'avez plus de point sur votre permis de conduire.
- Nicolas Sarkozy gagne 11 médailles d'or d'office aux jeux olympiques de Pékin.
- Jean Marie Lepen et Marie-Georges Buffet meurent dans une mystérieuse panne de climatisati
SEPTEMBRE
- L'Église de Scientologie devient religion d'État. Bigard nouveau pape.
- Construction de cent-cinquante nouvelles prisons modèle par le groupe Bouygues
- Hasard: François Bayrou & Dominique de Villepin meurent dans un tragique accident de tracteur.
OCTOBRE
- Nicolas Sarkozy légalise l'esclavage des sans-papiERS
- Olivier Besancenot et Noël Mammère meurent dans une tragique collision de vélos.
- Le SMIC est supprimé et l'âge de la retraite repoussé à 87 ans et demi.
NOVEMBRE
- Vous travaillez toujours plus pour mettre de l'essence a 15 euros le litre dans votre cyclomoteur.
- Nicolas Sarkozy remplace Tom Cruise pour le tournage du Da Vinci Code II .
- La peine de mort est prononcée à l'encontre d'un SDF qui campait devant Élysé
DÉCEMBRE
- Vous dépensez sans compter pour offrir une console de jeux made in China à vos enfants obèses
- Nicolas Sarkozy s'auto-proclame empereur des Français et son gouvernement déménage à Versailles.
- Dissolution de la CNIL, du CSA, de la CPAM, de la Banque de France et de Éducation Nationale.
- La SNCF, la RATP et Airbus Industrie sont vendus au groupe Lagardère pour un euro symbolique.
- Le CNRS et l'Assistance Publique pour la même somme au groupe PPR (qui râle...)
- Les jeux de grattage de la Française des Jeux sont obligatoires pour tous une fois par semaine.
- La Grande Bibliothèque de France est rasée pour construire une caserne de la Légion Étrangère. (Les archives nationales, jugées inutiles, sont brûlées.)
- Suppression définitive des prud'hommes, des conseils généraux et régionaux.
- Vente du patrimoine immobilier et mobilier de l'État et des fonds de tous les Musées Nationaux.
- Suppression définitive du suffrage universel. Les Maires nommés par décret.
- Interdiction des partis politiques, des syndicats et des associations à but non lucratif.
- Un radar tous les 10 kilomètres. Un policier pour mille habitants. La délation enfin rémunérée.
- Augmentation du budget du ministère de la guerre de 600%.
- Campagne de recolonisation de l'Afrique.
Vous êtes assez intelligents
Pour compléter vous-même...
Future bonne année 2009 !
18:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : horoscope 2009, sarkozy, fiction, modem
02.02.2008
Pour un Grenelle de l'investissement
On veut bien ne pas être "déclinologue", mais le solde de notre commerce extérieur est une condamnation sans appel de la gestion économique de la France depuis de nombreuses années. Le déficit commercial de 2006 (excédent d’importation par rapport aux exportations) a représenté 2,2% de notre PIB ( la valeur de tout ce qui est produit en France en un an) en 2007.
Or, il y a trente-trois ans, en 1974-75, après le premier choc pétrolier, qui avait vu le triplement du prix du pétrole en un an, la France accusait déjà un déficit de 0,2% du PIB en moyenne sur trois ans; six ans plus tard, en 1981, lors du second choc pétrolier, qui était alors renforcé par une hausse du cours du dollar par rapport au franc (85% en trois ans), le déficit commercial français était monté à 2,3% du PIB.
Nous en sommes au même point! En 1974-75, comme en 1981-82, par comparaison, l’Allemagne, qui subissait la même hausse du prix du pétrole, continuait d’avoir des excédents. C’est encore le cas aujourd’hui: face à notre déficit de 40 milliards d'euros, elle accumule une excédent de plus de 200 milliards.
Arrêtons d'accuser le Code du travail, l'euro ou le prix du pétrole
De quoi avoir honte de l’incapacité de notre système industriel à tenir sa place dans le commerce mondial. Arrêtons donc de chercher dans le Code du travail les causes de ce mal français. Par la négociation permanente entre partenaires sociaux, les salariés allemands ont obtenu sur le long terme, largement les mêmes protections que celles données par la loi en France, et nul n’osera dire que c’est déjà l’application, des plans Hartz-Schroeder, lancés il y a deux ans, qui permettent, aujourd’hui, à l’Allemagne de se tailler des parts de marché quatre ou cinq fois égales aux nôtres en Chine et dans les autres pays émergents.
Cessons aussi de nous réfugier derrière la hausse de l’euro. Elle rend sans aucun doute plus difficiles certaines "grandes" exportations d’avions ou de centrales nucléaires, mais l’Allemagne subit exactement la même hausse! N’accusons pas le seul pétrole, comme le fit récemment le ministre en charge du commerce extérieur; nous sommes aussi en déficit hors importations de pétrole; d’autre part nos centrales nucléaires, construites à partir de 1974, justement pour nous protéger des hausses du prix de l'or noir, devraient nous mettre bien plus à l’abri que l’Allemagne! Ce n’est pas le cas.
Un déficit d'investissement du secteur privé que nous payons cher
Notre déficit commercial est le signe d’une inadaptation, tragique parce que connue depuis trente ans, de nos appareils industriel et commercial. Nous vendons trop de biens de consommation, très sensibles aux prix, et pas assez de biens industriels ou de services à haute valeur ajoutée, qui le sont moins.
Nous sommes incapables de fournir les produits industriels dont ont besoin, en ce moment, les pays dits émergents les plus dynamiques, Brésil, Russie Inde et Chine, et leurs homologues. C’est ce qui nous différencie de l’Allemagne.
Qu'est-ce qui explique cette incapacité française? En partie, le déficit d’investissement de nos entreprises ces dernières décennies, déficit dont l’effet se fait évidemment sentir aujourd’hui en termes de produits nouveaux et de technologies de pointe: en gros, entre 1990 et 2000, chaque année, les investissements privés allemands ont représenté 12% du PIB, contre 10% pour la France, soit environ 30 milliards d'euros par an en moins. Entre 2000 et 2004, les nôtres ont été plus vivaces, mais depuis trois ans, ceux d’Allemagne le sont à nouveau.
Mais, plus que leur masse, trop concentrée en France dans quelques grandes entreprises, en vue des grands contrats que l’on affiche à chaque déplacement du chef de l’Etat, ce sont les investissements des entreprises exportatrices de 250 salariés et plus, qui font la différence. L’Allemagne en possède une multitude. La France beaucoup trop peu!
Les mesures économiquement aberrantes du nouveau pouvoir
Face à ce mal chronique de notre économie, l’actuel pouvoir n’a, pour l’instant, rien entrepris qui soit de nature à la guérir. Depuis mai 2007 se sont succédés une faute économique majeure, des gesticulations sans effet et une fausse manœuvre.
La faute, ce fut, cet été, l’engagement des 15 milliards euros, chiffre communiqué au Parlement, dont 11 pour rémunérer d’éventuelles heures supplémentaires liées à une accélération attendue de la croissance, mais aussi 4 milliards de baisses d’impôt en faveur des plus aisés.
Compte tenu de l’état des finances publiques, l’Etat s’est de lui-même rendu budgétairement impuissant face à la conjoncture économique, impuissance que Nicolas Sarkozy vient d’avouer dans sa conférence de presse, mais qu’il a lui-même provoquée. Pour que les entreprises offrent des heures supplémentaires, il faut d’abord que l’activité économique se développe, et non l’inverse.
Une première gesticulation a été la mission confiée à la commission Attali de "débloquer" la croissance, alors que celle-ci n’est bridée que par notre incapacité à exporter, résultant des insuffisances d’investissements précités.
Plus récemment, dans ses interventions successives devant la presse, le Président, fidèle à sa faconde, a annoncé pêle-mêle une série de mesures sur le paiement des RTT et des heures supplémentaires des fonctionnaires, le déblocage des réserves de participations, qui n’auraient pour effet, si elles relancent un peu la consommation, que de creuser un peu plus le déficit commercial.
Sur le plan purement économique, il a annoncé aussi un meilleur partage des fruits de la croissance, puis un changement de la mesure de cette dernière, réforme confiée à l’excellent prix Nobel Stiglitz. Des mesures qui n'auront pas d'impact sur notre faiblesse structurelle.
Ces gesticulations s’intègrent parfaitement dans le show permanent qu’est devenu la politique française. Reconnaissant son impuissance à distribuer le "panem", le Président n’a plus aujourd’hui à nous offrir que des "circenses"; où il tient le rôle principal.
Négociations: syndicats, patronat et gouvernement ont raté le coche
Enfin, la fausse manœuvre, l’occasion manquée! Les partenaires sociaux ont été sommés de parvenir à un accord sur la modification du droit du travail en matière de licenciement. Un accord a été trouvé, dans lequel les acquis des syndicats semblent assez maigres au regard de ceux du patronat, si l’on considère les souhaits initiaux de celui-ci.
On voit assez clairement que les syndicats n’ont signé que pour démontrer qu’ils étaient aptes, comme leurs homologues étrangers, au compromis social. Mais la mise en place de cet accord ne corrigera en rien notre faiblesse à l’exportation.
Fausse manoeuvre, car s’il fallait impérativement réunir les partenaires sociaux, c’était, à côté du Grenelle de l’écologie, dans un "Grenelle" de l’investissement. Les sacrifices demandées et encore à demander, aux salariés pour l’équilibre des retraites, l’assurance maladie, le service minimum, voire plus de flexibilité, y auraient été contrebalancés par un engagement ferme du patronat sur une vague d’investissements privés, à côté des avantages récemment concédés en matière de transferabilité des droits sociaux et à la formation.
Mais l’Etat devait, de son côté, s’engager tout aussi fermement à consacrer 10 ou 12 milliards à la recherche-développement et à réduire son train de vie. Ce "Grenelle" aurait du même être quadripartite, avec la participation des professions de santé, largement favorisées durant les six dernières années, et qui doivent évidemment apporter leur écot en terme de stabilisation, voire de réduction des dépenses d’assurance maladie.
Alors, peut-être, peu à peu, notre tissu industriel deviendrait capable de faire jeu égal avec ses concurrents et notre balance commerciale cesserait de virer au rouge dès que le ciel économique s’assombrit.
Sauf à estimer qu’héritiers lointains de Gallo-Romains indolents et querelleurs, et d’une aristocratie qui considérait que produire était déroger, nous restions génétiquement incapables d’innover et exporter. Auquel cas, comme le souhaitaient les anti-mondialisation, il fallait rester frileusement à l’intérieur de nos frontière avec nos 2CV, nos camemberts, nos dentelles de Cholet et nos bêtises de Cambrai.
Publié et paru dans http://www.rue89.com/articles/jean_matouk
17:50 Publié dans Nouvelle démocratie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, modem, jean matouk, montpellier, bayrou
Citations
" Ce qui constitue la vraie démocratie, ce n'est pas de reconnaître des égaux, mais d'en faire"
Léon Gambetta
« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple…
Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. »
Alexis de Tocqueville
Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840
Les démocraties sont des régimes dans lesquels existe une organisation constitutionnelle de la concurrence pacifique pour l’exercice du pouvoir.
Raymond Aron
De toutes les conceptions politiques, la démocratie est la plus éloignée de la nature. Elle attribue à l’homme des droits inviolables. Mais ces droits, pour rester inviolés, exigent une fidélité inaltérable aux devoirs... On n’y doit plus distinguer si c’est le devoir qui confère le droit ou le droit qui impose le devoir.
Henri Bergson
L’amour de la démocratie est d’abord un état d’esprit
la République moderne", Pierre Mendes France
17:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



